dimanche 24 février 2013

Hilda et le géant de la nuit / Luke Pearson

Le pitch


Hilda et sa mère vivent paisiblement dans leur modeste chaumière, au creux de calmes vallées… Jusqu’à ce qu’une armée d’elfes aussi minuscules que territorialistes s’emploient à les faire déguerpir, jets de pierres, missives haineuses et dégâts collatéraux à l’appui. Forcée d’entrer en négociation avec les belliqueuses peuplades des provinces elfqiues du Nord, Hilda devra faire preuve de toute son éloquence pour pouvoir rester chez elle... 




Avis



Une belle découverte, et un vrai coup de  coeur pour cette série de pure fantasy, entière, fraîche, drôle et décomplexée, terriblement efficace. Personnages, couleurs, découpage, tout est ici au service d’un récit délicieux, dont se dégage une poésie de l’étrange qui n’est pas sans rappeler les frasques d’un certain Hayao Miyazaki…. 

À lire absolument ! (Dès 7 ans)

Les albums de la série (trois parus actuellement : Hilda et le troll, Hilda et le géant de la nuit, Hilda et la parade des oiseaux) sont maquettés et fabriqués avec grand soin, et de fait plaisants à manipuler, comme le le montre cette image (source : Nobrow http://www.nobrow.net/6799) :



Les couvertures des autres tomes :



Infos

Titre : Hilda et le géant de la nuit
Parution : 01/12/2011
Éditions : Nobrow
ISBN : 978-1-907704-36-9
Prix : 14.80 €
Pages : 48


dimanche 10 février 2013

L'Épouvanteur T 9 : Grimalkin et l'épouvanteur / Joseph Delaney


Le pitch


John Gregory, Alice et Tom sont de retour à Chipenden après avoir dûment décapité puis entravé le corps de leur ennemi mortel - nul autre que le Malin en personne ! Un tel traitement aurait été fatal, cela va sans dire, à bien d'autres, mais il s'agit ici du diable lui-même - qui se retrouve, au début de ce neuvième tome de l'Épouvanteur en fort fâcheuse posture. Ses partisans cherchent le moyen de réunir le corps et la tête de leur maître, afin de lui rendre sa puissance. Or, le chef si convoité n'est pas détenu par Tom Ward et consorts ; non : la tâche de dissimuler le funeste fardeau est confié à la sanguinaire Grimalkin, sorcière tueuse du clan Malkin. Saura-t-elle tromper la vigilance de ses poursuivants ? 






Avis


On ne change pas une équipe qui gagne : Joseph Delaney, si.



Huit tomes durant, l'auteur nous a offert son récit vu par les yeux de Tom Ward, l'apprenti épouvanteur ; et le lecteur suivait avec tendresse (et franche trouille) les péripéties telles que transcrites par un gamin qui doit, bien malgré lui, se montrer brave face à "l'obscur". Au fil du temps, on se sent bien dans la peau du petit anglais, on se dégrossit avec lui, on adopte ses réflexes face aux dangers, ses timidités face aux charmes d'une certaine jeune sorcière. Thomas Ward devient, à l'instar d'autres héros, un petit prolongement de nous-même dans lequel il est confortable, sinon douillet, de se glisser à chaque nouveau tome pour reprendre sa double vie de préado épouvanteur promis à un destin d'exception.

Le lecteur de série passe pour un animal d'habitudes - c'est en tous cas mon cas. L'attente que je nourrissais, en ouvrant le neuvième tome de la série, était ainsi bien simple : retrouver la peau de ce bon vieux Tom, et parcourir avec lui les quelques miles qui m'amèneraient un peu plus près du mystère de la pierre des Ward, annoncée en exergue dès le tome 1. 

Or, voilà que Joseph Delaney change brutalement de cap et relègue en deux lignes le petit Tom au placard, pour livrer la narration à un autre personnage, à savoir Grimalkin, l'une des figures les plus impressionnantes du casting de déséquilibrés qui entourent Tom Ward. 

Trahir sans vergogne les attentes de son lectorat reste un pari risqué, si l'on considère le nombre de jeunes (et moins jeunes) fans éperdus attendant la suite des aventures de leur Tom chéri, et l'enracinement très particulier, j'ose le croire, des habitudes de lecture pour un suiveur de cycle. Pari pas plus suicidaire, me direz-vous à raison, que la tendance de Gerorge R. R. Martin à trucider allègrement des personnages principaux, sans ménager le moins du monde son paisible lecteur, mais enfin, pari un peu fou tout de même.

Et donc, ce pari du passage de flambeau narratif, Delaney l'a-t-il relevé avec brio ? 



S'il s'avère je ne peux décemment pas faire un sort trop sévère au roman - au temps pour le sadisme fiérot du chroniqueur ! - qui n'est pas mauvais, inintéressant, ni vraiment "gadget" par rapport au reste de la série, comme cet inattendu changement de narrateur le laissait présager, je n'irai pas pour autant m'enthousiasmer. En effet, ce qui gêne, dans ce Grimalkin et l'épouvanteur, (traduction d'ailleurs simplette du fringant "I am Grimalkin") c'est qu'en étant à présent autorisé à pénétrer l'esprit de Grimalkin, à voir par ses yeux, à suivre ses raisonnements comme ses pérégrinations, sentir les palpitations de son coeur et renifler les rémugles de sa chair, elle n'a de fait plus de secret pour nous. Ce personnage, jusqu'ici si fascinant, se voit comme défloré : les mystères qu'étaient le passé, les motivations et la psyché de cette tortionnaire psychopathe, qu'on se fustige d'admirer, sont brutalement dévoilés, dans un grand mouvement dont, dans ma légendaire sensiblerie, je déplore l'obscénité. Qui pourrait m'en blâmer ? Il n'est plus possible, aujourd'hui, d'imaginer les formes de Grimalkin sous son costume de cuir couvert de couteaux prestes à trancher les pouces ; l'auteur, en promouvant la tueuse narratrice, la livre nue à son public. Aimable de sa part ? En fait, non. Joseph Delaney pèche par trop de générosité.



Aussi, sur cette amère fin de chronique, je vais m'en aller pleurer plus loin la perte des fantasmes qui me restaient à nourrir sur les charmes obscurs d'une sorcière sadique assoiffée de torture. Snif.



Infos

Titre : Grimalkin et l'épouvanteur (T 9)
Editions : Bayard jeunesse
Parution : 24 janvier 2013
ISBN : 978-2-7470-4501-8
Nb de pages : 315
Prix : 13€50

mercredi 2 janvier 2013

Les annales de la Compagnie Noire T1 / Glen Cook


Le pitch

Peuplée de guerriers et de mages, la Compagnie noire est une troupe de mercenaires qui offre son appui (sanglant, cela va sans dire) à qui la dédommagera en espèces sonnantes et trébuchantes. Les faits d'armes, victoires comme défaites, les doutes et les écueils de ces combattants sont, par tradition séculaire, consignés par écrit dans de précieuses annales. La responsabilité de ces récits de mémoire - les annales ont pour but principal de permettre aux noms des compagnons morts de ne pas être oubliés - échoit, dans les premiers tomes du cycle, au médecin de la clique : Toubib. Sa plume permet au lecteur de vivre au plus près de la sombre compagnie...





Avis

La Compagnie Noire est traditionnellement classée dans le sous-genre "dark fantasy", vocable qui regroupe les récits de fantasy aux univers et tons particulièrement sombres. Point de héros aux valeurs morales étincelantes se battant contre des ennemis irrécupérables qui passent pour autant d'incarnations du Mal : en dark fantasy, les personnages sont des hommes, ni plus ni moins, et de quel côté que se place le narrateur, la cruauté peut faire rage, comme, plus rarement, la pitié se manifester. Si la Compagnie Noire - tout comme le Trône de fer, ou les Chroniques de Thomas Covenant - offre en effet force scène de massacres et innombrables vilenies, trahisons et de bons litres d'hémoglobine, elle a l'avantage de pas céder un pouce au traditionnel manichéisme de la fantasy épique (friande elle aussi d'épées tranchantes et de boyaux à l'air, soit dit en passant). C'est bien là une des forces de cette fantasy "noire", sans foi ni loi ni vergogne : ses combattants ne sont pas tout d'un bloc, et leurs failles sont tout aussi (et plus !) dignes d'intérêts que leurs fiers serments.

Vous l'avez compris, votre fugu favori est friand de dark fantasy (ainsi que d'allitérations plutôt faciles). Mais cela n'explique pas - ou en tous cas pas totalement - l'avis favorable donné ici au premier tome des Annales. Sa force véritable réside en effet dans son mode de narration très particulier, véritable journal de bord fait de phrases courtes et tranchantes  d'avis lapidaires, de faits additionnés, presque lâchés. 

Ne vous attendez pas ainsi à débuter en douceur dans l'univers de Glen Cook : point de chapitre (voir même de paragraphe !) introductif, point d'explications, d’amples descriptions des lieux,  pas la moindre petite ébauche de généalogie ou ombre d'historique pratique.  À croire que l'expression "in media res" a été créée tout spécialement pour la Compagnie Noire ! Cette narration tonique et sans fards n'offre pas, loin s'en faut, le confort de lecture d'un Tolkien ou d'un Martin ; le récit cependant, ne laisse pas de piquer la curiosité et happer l'imagination : on s’accroche à la plume de Toubib, et on s'y accroche bien. Certains compagnonnages sont de plus tout à fait savoureux : mystérieuse Dame propre à vous glacer les sangs, sorciers plutôt crétins qui chamaillent à coups de sortilèges grandiloquents, Corbeau, et bien sûr, Toubib... Du beau monde que cela ! 

Une saga à part, donc, qui gagne à être découverte. 

Pour finir, le chroniqueur reconnaissant note le choix parfait de Didier Graffet pour les illustrations de La Compagnie Noire. Lors de la table ronde dédiée, en 2011 aux Utopiales, Glen Cook affirmait d'ailleurs voir en Didier Graffet le meilleur illustrateur de ses récits. Force est d'en convenir également ! Un petit lien pour vous, donc : http://www.didiergraffet.com/

Infos

Titre du cycle : Les annales de la Compagnie Noire
Titre du premier volume : La Compagnie Noire
Auteur : Glen Cook

Version grand format :
Éditeur : L'Atalante (collection La Dentelle du Cygne))
Parution : 22/05/1998
ISBN : 2-84172-074-8
Prix : 17 €
Pages : 360

Version poche :
Éditeur : J'ai Lu
Parution : 25/11/2004
ISBN : 2-290-33058-2
Prix : 7.80 €
Pages : 379

lundi 12 novembre 2012

Le dernier chasseur de sorcières / James Morrow

Le pitch

"En 1688, Jennet, fille d’un célèbre chasseur de sorcières, a douze ans. Sa tante Isobel, grande admiratrice de Newton, se voit accusée de sorcellerie parce qu’elle a réussi à expliquer des phénomènes naturels tenus jusque-là pour divins. Jennet part à Cambridge dans l’espoir de convaincre Newton de venir témoigner à son procès. Mais Isobel est condamnée au bûcher et Jennet jure de consacrer sa vie à l’abolition de la loi contre la sorcellerie… 

A la fois biographie fictive, récit épique et « exercice d’apologétique newtonienne », ce roman, raconté à la première personne par le propre livre d’Isaac Newton, les Principes mathématiques de philosophie naturelle, nous emmène aux origines de la rationalité occidentale, à une époque où cohabitent dévots obscurantistes brûleurs de sorcières et premiers scientifiques..." (résumé éditeur)




Avis


ATTENTION : CHRONIQUE DITHYRAMBIQUE À SUIVRE.

Écrire au sujet d'un ouvrage de Monsieur James Morrow, dont l'intelligence et la parfaite érudition se doublent, rare et précieux alliage, d'un véritable talent de conteur et d'un sens de l'humour redoutable de finesse, est une tâche délicate. Difficile en effet pour l'humble chroniquer de trouver les mots capables de témoigner avec justesse de l'excellence d'un tel auteur !

Dès les premières pages, James Morrow offre un pacte de lecture inédit : le roman que l'on s'apprête à lire, Le Dernier chasseur de sorcières, est raconté par un autre livre, les Principes Mathématiques de Newton. Morrow n'est lui-même qu'un vague scribe humain, à l'instar de tout romancier qui, se croyant démiurge, n'est en fait qu'un passeur choisi par un livre qui a encore des choses à dire. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que certains bouquins sont impossibles à arrêter dans leur compulsion d'écriture : ainsi "After 'Waiting for Godot' acquired a taste for writing Windows software documentation, there was no stopping it" ! 

Le doute assaille bien sûr au départ : comment un tel argument d’écriture peut-il être tenu sur les quelques 680 pages qui vont suivre ? Cela semble relever d'un défi d'une insoluble complexité... Mais aucun problème pour Morrow : sa géniale trouvaille se tient sans problème. 

N'ayez pas peur, Le Dernier chasseur de sorcières n'est pas qu'un formidable os à ronger pour les théoriciens en structure narrative de tous bords : l'histoire elle-même - celle que nous racontent les Principia ! - est absolument immersive (on suit avec passion la vie de Jennet) et le fond historique est bien sûr excellent (la chasse aux sorcières n'aura plus de secret, ou presque, pour vous !). Ajoutez un puissant maillage d'ironie, et vous obtenez un livre tout à fait fabuleux.

Un roman incroyable, qui a fait une entrée fracassante dans ma top-list des écrits inoubliables, capables de marquer profondément et durablement l'intellect, l'imagination  et la sensibilité du lecteur. Un must-have !


Quelques liens :
- le site de l'auteur : (http://www.sff.net/people/jim.morrow/)
- Un bel article (en anglais) : http://www.nytimes.com/2006/03/30/books/30masl.html?_r=0

Infos


Auteur : James Morrow

Traducteur : Philippe Rouard
Éditeur : Au Diable Vauvert
Parution : 24/10/2003
ISBN2-84626-059-1
Prix : 23€
Pages : 686

lundi 5 novembre 2012

Fairy Quest T1 : Les Hors-la-loi / Paul Jenkins, Humberto Ramos, Léonardo Olea

Le pitch

"Il était une fois à Bois-des Contes, un monde enchanté où vivent tous les personnages des fables merveilleuses de l'enfance... Dans cet univers, le quotidien des habitants s'avère immuable, huilé comme une horloge suisse. Le comportement de chacun est définitivement écrit, il faut respecter la trame précise du récit et ne jamais sortir de son rôle. Or un jour, le Petit Chaperon Rouge, épuisé de réinterpréter chaque jour la même histoire, d'arpenter de façon répétitive le même chemin, de déclamer perpétuellement les mêmes discours, décide avec son complice le Loup de sortir des sentiers battus et de s'émanciper du scénario. 
Mais pourront-ils vraiment devenir libres, alors que l'infâme monsieur Grimm lance ses hommes de main à leurs trousses ?" (résumé éditeur)






Avis

Une série de facture graphique plutôt classique, qui du point de vue scénaristique s'emploie à ajouter une pierre à l'édifice (déjà haut !) du conte détourné. Le pari est plutôt réussi,  grâce à certains détournements narratifs intéressants [SPOIL], notamment l'environnement de Bois-des-Contes, théâtre peu enchanteur gouverné d'une main de fer par Grimm, sorte de Big Brother sadique obsédé par le respect de l'histoire et tenant les personnages des contes en respect par la menace... voire la torture : Cendre Illon (!) est ainsi châtiée en place publique par un passage dans le redoutable "Vide-Tête", charmante invention destinée à effacer les souvenirs des récalcitrants et les faire rentrer dans le droit chemin narratif. Mêler conte détourné et dystopie : pas mal du tout !

Une bande dessinée sympathique, donc, et accessible aux plus jeunes. À suivre !

Infos

Auteurs : Paul Jenkins (Scénario), Humberto Ramos (Dessin), Leonardo Olea (couleur)
Éditeur : Glénat (collection Grafica)
ISBN 978-2-7234-8962-1
Parution : 16/05/2012
Prix : 13.90 €
Pages : 48

dimanche 4 novembre 2012

Mathieu Hidalf et le sortilège de Ronces : Mathieu Hidalf T3) / Christophe Mauri

Le pitch

Nouvelle rentrée pour Mathieu Hidalf, qui compte bien entamer cette deuxième année à l'école de l'Élite sous les meilleurs auspices. C'est sans compter M. Hidalf père, qui lui, toujours décidé à triompher de son infernal rejeton, a trouvé LA parade idéale : marier de force Mathieu à Marie-Marie du Château boisé. Mathieu a 7 jours pour trouver un moyen d'empêcher ce mariage... Alors qu'une menace s'étend, telle une ombre, sur l'Élite.


Avis

Avec ce troisième tome, Christophe Mauri marque une étape dans le cheminement de son personnage - mutation logique vers une trame narrative plus sombre, dramatique. Mutation naturelle... Mais qui n'est pas sans faire naître quelques légitimes regrets chez le lecteur.

Confronté à des évènement qui le dépassent très clairement, Mathieu n'a en effet d'autre choix ici que de faire face (lui qui était l'incarnation même du détour, de la ruse, l'astuce, le calcul, voire la totale tricherie) et se contraindre, tel un personnage de fantasy épique lambda, au sacrifice. Quel dommage ! Mathieu Hidalf n'avait rien d'un martyre, et c'est bien ce qui faisait son originalité, sa fraîcheur et surtout, son impertinence.

Ne nous méprenons de plus pas ; le livre est bon, bien construit, il se lit avec plaisir... Il n'empêche que Mathieu Hidalf se rapproche nettement, avec ce troisième tome, du profil d'un cycle de fantasy jeunesse classique - Mathieu, et le récit avec lui, perdant au passage de son impertinence, de son punch, et tout simplement de sa franche drôlerie. 

Un avis un peu sévère, certes ; souhaiterais-je m'en dédouaner que j'avancerais sans vergogne un dicton populaire du type "qui aime bien châtie bien", et autre "noël au balcon, pâques au tison" ; je m'en garderai. 

À suivre dans le quatrième tome, annoncé pour l'automne 2013 !


Infos

Titre : Mathieu Hidalf et le sortilège de ronces (Série : Mathieu Hidalf, Tome 2)
Édition : Gallimard jeunesse
Parution : 27/09/2012
Prix : 13.20€
Pages : 378

lundi 1 octobre 2012

Pratchett coming !

Amis lecteurs,

Non, le fugu n'est pas mort ; la preuve : il poste encore.

Et ce pour vous annoncer la sortie du futur Pratchett, prévu pour le 25 octobre chez l'Atalante. Un concours est d'ailleurs organisé par l'excellent Vade-Mecum, sur le lien suivant : http://www.vademecum-dm.com/index.php?option=com_forme.

Enjoy !




vendredi 27 juillet 2012

Quelques minutes après minuit / Patrick Ness


Le pitch


"Conor redoute la nuit et ses cauchemars. Quelques minutes après minuit, un monstre apparaît, qui apporte avec lui l'obscurité, le vent et les cris. C'est quelque chose de très ancien, et de sauvage. Le monstre vient chercher la vérité." (Résumé éditeur)








Avis

Soupçon n°1 :
Patrick Ness, auteur de la trilogie Le Chaos en marche, pure merveille encensée (à raison) par les critiques et lecteurs, sort un nouveau livre.
Celui-ci sera-t-il à la mesure des autres ?

Soupçon n°2 :
Le pitch provient de Siobhan Dowd, décédée à 47 ans, et ayant laissé une oeuvre elle-même proprement dantesque et couverte de récompenses (Sans un cri, La Parole de Fergus).
Patrick Ness pourra-t-il contenter non seulement ses fans, mais également ceux d'un autre auteur fort regretté ?

État des lieux post-lecture

Pour le dire abruptement : "ce type est vraiment trop fort". Oui, Patrick Ness semble aimer tout particulièrement les défis ; il s'emploie à les relever avec un brio impossible.

Un très beau texte, sublimé par les étonnantes illustrations de Jim Kay.
Un livre-objet hors normes, sombre, audacieux, à la fois sobre et puissant.

Un inclassable ; à découvrir, vraiment.

http://www.patrickness.com/
http://www.jimkay.co.uk/Jim_Kay_Illustrator/Welcome.html

Infos

Titre : Quelques minutes après minuit
Editions : Gallimard jeunesse jeunesse
ISBN :  9782070642908
Nb de pages : 224
Prix : 18€

L'épouvanteur T8 : Le destin de l'épouvanteur / Joseph Delaney

Le pitch

Alors qu'il entame une nouvelle année d'apprentissage auprès de son maître,Tom Ward, apprenti épouvanteur, exilé en Irlande en compagnie d'Alice et John Gregory, n'est pas au bout de ses peines...



Avis

Harry Potter, c'est un tome pour une année d'apprentissage.
En huit volumes, Tom Ward, apprenti épouvanteur, achève seulement sa troisième année. Et pourtant, aucune lassitude, au contraire ; toujours cette chute fatale (de ma part, pauvre lectrice) dans le fanatisme le plus total et le plus béat. Un tome de l'épouvanteur se dévore comme un petit pain. Mais si.

Aussi suis-je dans l'incapacité complète d'émettre une critique poussée au sujet de ce cycle : il est tout simplement ADDICTIF. De surcroît très bien écrit, et à même de faire se dresser les cheveux sur la tête de plus d'un lecteur - quel que soit son âge, n'ayez pas honte parents, volez séance tenante son roman à votre enfant... Et prenez votre pied.

Infos

Titre : Le destin de l'épouvanteur (T 8)
Editions : Bayard jeunesse
ISBN : 978-2-7470-3701-3
Nb de pages : 330
Prix : 13€50

mardi 5 juin 2012

Le fugu fait piou-piou

Un fugu est difficile à suivre. Je vous donne le sésame : @fugugalactique.
Voire même, le lien : https://twitter.com/#!/fugugalactique.
Ma bonté m'honore, n'est-il pas ?

samedi 2 juin 2012

Le Tempestaire T.4 : L'âme du cyclone / Johan Heliot


Résumé

L'aventure de Jed et de ses compagnons trouve son épique conclusion dans ce nouveau tome du Tempestaire. Réelle conclusion, ou porte ouverte vers un nouvel univers ? Johan seul le sait !

L'âme du CYCLONE est le quatrième volet du cycle du Tempestaire, après :
La confrérie des nuafrageurs (T1) ; avis sur ce lien http://fugu-galactique.blogspot.com/2011/09/le-tempestaire-t1-la-confrerie-des.html
Les Flibustiers du vent (T.2) ; avis sur ce lien : http://fugu-galactique.blogspot.com/2011/12/le-tempestaire-t2-les-flibustiers-du.html
-    Le Roi au coeur de pierre (T.3) ; avis sur ce lien : http://fugu-galactique.blogspot.fr/2012/01/le-tempestaire-t3-le-roi-au-coeur-de.html








Avis

Chers lecteurs, vous faire attendre si longtemps pour ma chronique sur le quatrième Tempestaire relève de ma part soit d'un intolérable dilletantisme, soit d'un innommable sadisme. [En réalité bien sûr, la notion même d'être attendue de quinconque relève surtout d'un egocentrisme mesquin s'accordant mal au don de soi dont relève lui-même - doxa en est garante - le retour gratuit sur la lecture, cette expérience sacrée. A-men.]

Haro sur le blabla lénifiant : revenons à nos moutons. Ou plutôt, à nos zombis.

Et là, je me dois de demander au sieur Heliot s'il a bénéficié de cours avancé de patchwork, collage, transversalité ou don de cohérence contre toute apparence. 

Dérouler une trame de piraterie fantasy, y faire pousser du steampunk, virer derechef le cap de ses rouages pour faire apparaître des zombis ? Mais Monsieur Heliot, votre audace foule joyeusement au pieds les prérogatives des nombreux lecteurs ou chroniqueurs [français] aimant à contenir, style après style, théorie après théorie, sous-genre après sous-genre, dans un confort béat d'univers reconnaissable et balisé, les us & aléas des lignes narratives [pour public ado / en "littérature de l'imaginaire"] ? 

Et cela non seulement en toute impunité, mais avec en outre ce brio exaspérant de justesse qui brasse et marie avec bonheur tous ces éléments [conçus comme] disparates pour livrer ce cycle de plus en plus inclassable, et pouvant fédérer de plus en plus de lecteurs ?

Mon cher Johan, du fond du coeur : soyez-en remercié. 

Le pari était osé (voire, si je puis me permettre, passablement casse-gueule) et, tel Hannibal, vous l'avez relevé. Pour tempérer mon incorrigible lyrisme, j'avoue cependant que le Tempestaire n'est pas mon "Heliot" favori - les compagnon du Fugu galactique savent sa tendresse coupable, et ô combien légitime, pour La Guerre des mondes n'aura pas lieu !

Mais tout de même, ce Tempestaire, quel outil formidable pour appâter l'amateur de One Piece, et, si prise il y à, le faire aller vers Walking Dead, dont les fanatiques eux-mêmes appâtés iront peut-être lire Le Tour du Monde en quatre-vingt jours, et inversement, et tous auront au  passage frémi de terreur, comme moi, à chaque apparition du redoutable Papa Legba, et pourront de surcroît briller en société avec des mots comme "foc" ou "tillac"...

Johan Heliot, vous menez votre barque en vrai marin : bravo à vous. 


Infos


Tome 4
Titre L'âme du cyclone
Editions : Baam !
Parution : 07/03/2012
Prix : 13€
Nb de pages : 342
ISBN 978-2-290-02823-0

jeudi 19 avril 2012

Le Clairvoyage ; La Brume des Jours / Anne Fakhouri


Le pitch


Clara vient de perdre ses parents, morts au cour d'un accident de voiture. 
Elle est placée chez son oncle Marc, jadis mis au ban de la famille en raison de son amour inconsidéré pour Elisabeth, dite Bébé, illuminée ou simple d'esprit dont les manières brusques et le goût des rites païens ne faisaient guère d'elle l'hôte idéal des repas de fête.
Au coeur de cet univers différent, peuplé d'individus excentriques, Clara l'incrédule se rapprochera pas à pas du Petit Peuple... 


Avis

Anne Fakhouri offre, avec ce dyptique singulier, une plongée progressive dans la féérie, en deux étapes pour deux romans complètement dissociables au niveau narratif. 

Au Cours du Clairvoyage en effet, la jeune protagoniste, arrachée au giron parental rassurant et propulsée dans le pan "obscur" de la lignée familiale, s'approche dangereusement de l'"autre monde"...sans y sombrer totalement. 

Pure transfiction donc : Alice est bien là, mais le miroir n'est jamais franchement traversé ; sauf dans les dernières pages du livre. Lorsque Clara trouve le passage vers l'univers des Fées, le changement de registre narratif est immédiat et, fait intéressant, induit même un changement d'objet-livre. En fermant le Clairvoyage, la possibilité du réel se voit de fait clôturée, et il faut ouvrir un autre roman pour pénétrer dans La Brume des Jours. Ce dernier peut donc se définir comme un ouvrage de fantasy au sens classique (et anglo-saxon) du terme : récit mettant en scène un autre monde, fermé, défini, disposant des ses propres codes et lois naturelles, que l'héroïne traverse avec une quête à accomplir. Un ouvrage à mon sens qui, quoique réussi, s'avère moins émoustillant que son pendant transfictionnel.

Le Clairvoyage est, il faut l'avouer immédiatement, une véritable et très belle valse lente (remarquable de maîtrise pour un premier roman) ; c'est un pas de deux, entre lecteur et personnage, vers l'inconnu, l'inconscient, la puissance du mythe. Réel et fantasmagorie y cohabitent ou s'y heurtent de façon tantôt délicieuse, tantôt terrifiante, dans un ballet glaçant, tutoiement de la folie ordinaireClara n'est-elle pas tout simplement hors du sens ? Que voit-elle, ou ne voit-elle pas, de ses yeux sans aventure ? Les collines de Mulholland Drive, peut-être...

Le Clairvoyage est un récit en marge, dont  le "potentiel d'envoûtement" se voit régulièrement réajusté par de salvatrices saillies humoristiques. C'est un bonheurOr un bonheur n'arrivant, c'est d'usage, jamais seul, voici en bonus ce lien impromptu vers le book de Sarah Debove, illustratrice des deux romans d'Anne Fakhouri : http://sarahdebove.ultra-book.com/book. (N'allez pas dire, amis lecteurs, que je ne vous gâte pas !)


Bref : Un dyptique tout à fait intéressant, remarquable surtout pour son premier volet, l'étrange et très réussi Clairvoyage, véritable "matière à penser" et possible transficiton... mais qu'en dirait M. Berthelot ??


Infos


Tome 1
Titre Le Clairvoyage 
Editions : L'Atalante (Le Maedre)
Parution : 09/10/2008
Prix : 14.50€
Nb de pages : 252
ISBN  978-2-84172-448-2

Tome 2
Titre La Brume des jours 
Editions : L'Atalante (Le Maedre)
Parution : 12/03/2009
Prix : 17 €
Nb de pages : 311
ISBN 978-2-84172-459-8

Grand prix de l'Imaginaire 2010.

lundi 2 avril 2012

[Info] Le Tempestaire T4 ; sortie & avis à venir

Chers lecteurs,


Vous n'êtes pas bien sans savoir que le quatrième tome du Tempestaire, L'âme du cyclone, est paru le 7 mars dernier.


Et toujours pas de chronique sur votre blog favori ?? 


Incorrigibles impatients ! Votre curiosité sera bientôt satisfaite... la lecture comme la chronique du Clairvoyage, de l'amie Fakhouri, me tenaillent, d'où ce délai (légitime mais douloureux, j'en conviens) à me replonger dans le royaume du [feu] Roi au coeur de pierre.


A chaque jour suffit sa peine... Haut les coeurs (de chair !), amis lecteurs ! 
En prequel, la couverture de la suite tant attendue...






A bientôt, donc !